Aspectamen (partie 2)


Voici la suite de ma nouvelle (même si personne n’a encore lu la première partie…snif, pourquoi tant de haine?lol) …il y aura encore une troisième partie (pour ceux qui ont le courage d’arriver jusque là…lol)

Elle se jeta sur le corps sans vie de James, rejointe par Nick qui s’agenouilla pour pleurer cette grande perte dans les bras de sa sœur.

Quelques minutes s’écoulèrent ainsi, ils restèrent enlacés devant cette scène atroce qu’ils venaient de vivre. Nick reprit doucement ses esprits, il se leva, sa sœur l’imita. Ils semblaient tous deux soucieux.

— Tu ne penses pas que c’est…

— Tais-toi Nick ! Tu dis n’importe quoi là, répliqua sèchement Jenny visiblement très agacée, il va plutôt falloir se dépêcher de quitter cet endroit maudit.

— Il faudrait appeler la police, murmura Nick encore ému.

— On verra ça tout à l’heure, pour le moment je veux sortir d’ici.

 

La pièce, privée du halo de lumière qui entourait James, était redevenue très sombre et froide. Jenny s’empara de sa lampe torche qu’elle doit secouer afin de pouvoir la rallumer.

Ils se précipitèrent tous deux avec hâte vers l’étage inférieur pour sortir le plus vite possible. Jenny récupéra son sac dans la salle à manger et ils avancèrent vers l’entrée, mais un bruit sourd retentit avant que la jeune femme ne puisse l’ouvrir, tous les volets se fermèrent les uns après les autres et la porte se verrouilla. Jenny et Nick se retrouvaient piégés.

— Non, c’est fermé, cria Jenny, mais qu’est-ce que c’est que tout ça ? C’est un vrai cauchemar !

Jenny se retourna vers Nick et prit peur en voyant le bahut bas du salon passer d’une pièce à l’autre, puis de la salle à manger au couloir évitant, de justesse, Nick. Il eut le réflexe de se dégager de son chemin. Le meuble finit sa course dans le mur qu’il abîma au passage tant la force avec laquelle il eut été poussé fût puissante.

Les jeunes gens n’eurent même pas trente secondes de répit que maintenant tous les objets du rez-de-chaussée volèrent dans tous les sens dans un ballet enchanteur. Les meubles tremblaient, allaient d’une pièce à l’autre. Le peu de bibelots, posés par-ci par-là, faisait de même et finissait leur course dans les murs évitant de justesse les visages de Nick et Jenny qui ne savaient plus ou se mettre. Ils comprenaient rapidement qu’ils étaient visés, les assiettes volaient et les couverts jouaient aux fléchettes en prenant pour cible les deux jeunes gens affolés. Ils se précipitèrent dans la première pièce à gauche en haut des escaliers et refermèrent vite la porte derrière eux.

Jenny et Nick étaient essoufflés et avaient beaucoup de mal à réaliser ce qui se passait. Ils se remettaient doucement de leurs émotions, assis juste derrière la porte, et contemplaient cette pièce qu’ils n’avaient pas visitée tout à l’heure, interrompus par les appels à l’aide de James.

 

Elle était vide. De taille honorable, ornée de rideaux, jadis blancs, d’un tableau en peinture à l’huile qui représentait la maison à sa belle époque, désormais, le joli jardin arboré de fleurs et de diverses plantes avait laissé place aux herbes et pissenlits à profusion. On distinguait à peine la haie de buis qui délimitait le terrain et qui était maintenant comme engloutie par les indésirables. La façade de la maison avait aussi bien changé. Le blanc immaculé qu’elle possédait autrefois avait fait place au gris terne et défraîchi d’un bardage mal entretenu, les sept marches de l’escalier qui menaient à l’entrée avaient subi le même sort. La double porte, jadis si belle et lumineuse, avait perdu de sa superbe. Certains volets se détachaient presque de la façade de la demeure et donnaient l’impression d’une maison sans vie, abandonnée.

Nick contempla cette toile un long moment. Il se disait qu’il avait dû y avoir ici des périodes agréables, même si, aussi loin dont il se souvienne, il ne parvenait pas à en trouver.

Le jeune homme fut interrompu dans sa réflexion par sa sœur.

— Nick, regarde le mur, demanda-t-elle d’une voix tremblante.

Il se retourna et vit alors en face de lui, quelques filets de sang qui coulaient sur toute la hauteur de la pièce ; en quelques secondes, le mur se transforma en une cascade rouge.

— Il faut sortir d’ici, cria Nick.

Ils se dirigèrent vers la porte, mais cette dernière refusa de s’ouvrir. On pouvait sentir que la maison entière vibrait comme s’il y avait un tremblement de terre, le plancher lui-même se mettait à osciller et à bouger. Jenny et Nick se trouvaient maintenant au centre de la pièce. Ils avaient du mal à rester debout du fait de la violence des secousses, ils se tenaient dans les bras l’un de l’autre pour se protéger et c’est alors qu’un cri retentit. Le même cri d’horreur qu’auparavant. Il se rapprochait de plus en plus, et bientôt la silhouette sombre apparut et agrippa Nick. Jenny tentait désespérément de retenir son frère, mais la force de l’ombre fut telle, que Jenny n’y arrivait pas, elle essaya de toutes ses forces, s’accrocha à ses vêtements, puis agrippa ses mains. Cela ne suffisait pas. Le spectre disparu à travers le mur ensanglanté emportant Nick avec lui, lentement. Le calme revint juste après, comme si rien ne s’était passé.

Jenny était stupéfaite, complètement abasourdie par ce qui venait de se produire : son frère cadet qui disparaissait à travers un mur, c’était invraisemblable. Elle se mit tout à coup à s’affoler, et se remémora la fin tragique de James. Elle craignait plus que tout que Nick finisse de la même manière, mais elle ne savait pas comment agir pour le retrouver et le retirer des griffes de l’ombre.

La jeune femme s’approcha lentement du mur et posa sa main dessus en appelant Nick. Il était très froid, pire que cela, il était glacé. Désespérée, elle quitta la salle et se mit à la recherche de son frère en fouillant méthodiquement chaque recoin de la maison.

 

Elle commença par la pièce à sa gauche, celle qui faisait face à l’escalier. Cette dernière n’avait pas encore été visitée, elle fut jadis une belle grande chambre, mais Jenny, qui n’était pas retournée dans cette maison depuis fort longtemps, ne savait pas dans quel état elle allait la trouver. Elle ouvrit donc la porte lentement équipée de sa lampe torche ; la pièce semblait être intacte, comme elle l’était autrefois. Les murs étaient recouverts d’un papier peint fleuri dans des tons rose-pastel orné de quelques cadres de paysages de campagne. Le plancher au sol, le même que dans le reste de la maison, semblait tout aussi poussiéreux et mal entretenu. La pièce était dotée d’un grand et large lit très massif agrémenté d’une table de nuit en bois sculpté de chaque côté. Une grande armoire se trouvait juste en face, avec une coiffeuse assortie, juste sur le mur à gauche de la porte. Malgré cela, la pièce paraissait tout de même spacieuse, mais l’odeur qui y régnait était fort désagréable et provoquait à Jenny des hauts le cœur. De cette chambre émanait une odeur bien particulière, une odeur rance très forte qui piquait la gorge, une odeur semblable à celle d’un cadavre en décomposition.

— Mon dieu, quelle horrible odeur, c’est irrespirable ici, ne put retenir Jenny !

Elle eut à peine le temps de finir sa phrase qu’elle sentit un vent froid, glacial même, parcourir son visage ; surprise, elle eut un sursaut, et le vent s’essouffla aussitôt.

— Qui êtes-vous ? Qu’est ce que vous voulez ? cria Jenny qui tenta de garder son sang-froid, mais commença sérieusement à montrer des signes de détresse.

Elle garda un peu le silence, comme pour attendre une réponse, mais elle n’en eut aucune. La jeune femme devenait de plus en plus inquiète, elle avait toujours l’habitude, depuis sa plus tendre enfance, de ne pas se démoraliser et d’être forte face aux événements de la vie. Ils n’avaient d’ailleurs pas été tendres avec elle et ses deux frères.

Ils n’avaient presque pas connu leur père. Ce dernier avait décidé que la paternité n’était finalement pas dans ses attributions, il avait du coup, préféré laisser sa place à celui qui aurait eu envie de s’y risquer abandonnant ainsi une femme seule pour élever ses trois enfants. Celle-ci fut donc obligée de prendre deux emplois afin de subvenir aux besoins de sa progéniture et faisait de Jenny, en tant qu’aînée de la famille, la baby-sitter la moins chère du marché. Et comme cela ne suffisait pas encore, la mère de famille dut se battre contre la maladie. Elle perdit malheureusement ce combat et fit de Jenny, tout juste majeure, la tutrice légale de ses deux frères.

Cette force accumulée au fil des années, cette rage de vivre que Jenny avait développée afin de faire subsister la famille, tout cela réduit à néant ou presque. James avait été assassiné par une ombre mystérieuse, dans des conditions effroyables et que Nick, à son tour, disparut, c’en était trop pour Jenny. Les larmes coulaient le long de son visage. Celle qui avait toujours retenu ses émotions, pour se montrer forte, pleurait maintenant toutes les larmes de son corps comme si elle s’autorisait enfin à laisser libre cours à cette agitation enfouie au plus profond de son être.

 

Quelques instants plus tard, Jenny se calma, elle désirait maintenant sécher ses larmes et se dirigea donc dans la salle de bains. Machinalement, Jenny voulut actionner l’interrupteur, bien que l’électricité ne fonctionnât plus. Elle fut donc surprise lorsque l’ampoule s’alluma. La salle de bains était comme à son origine : petite, entièrement carrelée d’une couleur verdâtre-pastel du plus mauvais goût, au plafond, une petite lumière tamisée comme seul éclairage agrémentée de toiles d’araignées et de poussières. Cette pièce paraissait d’une insalubrité consternante. Pourtant bien équipée pour son époque, il s’y trouvait un meuble vasque en marbre, un bidet, des toilettes et une baignoire.

Jenny essuya donc le miroir afin de pouvoir sécher ses larmes : son maquillage avait coulé, mais elle n’y prêta aucune attention. L’important à présent, c’était de retrouver Nick avant qu’il lui arrive malheur. La jeune femme essaya de sortir de la pièce, mais la porte ne s’ouvrait plus. Elle se mit soudainement à paniquer, prise au piège, elle voyait déjà la fin : enfermée dans la salle de bains, impossible de sauver Nick et se sentir complètement seule dans cette pièce sinistre sans aucun espoir la terrifiait. Non, ce n’était pas possible pour Jenny de mourir comme cela, de cette manière. Elle se ressaisit et, tandis qu’un grondement se fit entendre, elle essaya de forcer la porte criant et hurlant tout ce qu’elle pouvait, elle sortait toute cette rage qu’elle avait accumulée depuis si longtemps afin de s’en sortir. Le grondement se rapprochait de plus en plus et la pièce se mit à trembler. Jenny dut se tenir au meuble vasque pour ne pas vaciller. Soudain, face à elle, le miroir de la salle de bains se fendit. Elle eut juste le temps de protéger son visage, le miroir explosa littéralement en milliers de petits bouts de verre, des milliers de projectiles, dont certains, avaient même trouvé refuge sur les bras nus de la jeune femme.

Au même instant, les secousses se calmèrent et la porte s’ouvrit violemment et manqua de peu Jenny qui se trouvait juste derrière. Elle put enfin sortir de là et s’empressa de redescendre quatre à quatre les marches comme si sa vie en dépendait. Elle essaya en vain d’ouvrir la porte d’entrée. Impossible. Celle-ci restait inébranlable aux coups de pieds de Jenny qui, dans la panique, n’espérait même plus sauver son frère. Elle pensa subitement à la porte de derrière qui se trouvait dans la cuisine ; comment n’y avait-elle pas pensé avant avec Nick au moment où ils voulaient partir ? Comment avaient-ils pu oublier cela ?

 

Jenny se ressaisit et se hâta d’aller dans la cuisine. Elle passa donc par la salle à manger et emprunta la porte située à droite de la cheminée ; elle arriva dans la cuisine et se précipita sur la porte de derrière, une vieille porte en bois avec quatre vitres au centre afin de laisser, en journée, les rayons du soleil venir réchauffer l’atmosphère des lieux. Hélas, la porte ne s’ouvrait pas mieux que la porte d’entrée. Qu’à cela ne tienne, Jenny, plus remontée que jamais, ne voulait pas se laisser faire. Les carreaux en simple vitrage de la porte n’allaient pas lui résister longtemps, pensa-t-elle, elle s’empara d’une chaise et essaya de briser le verre… mais rien n’y fait, la porte restait intacte. Jenny ne comprenait pas : une porte si ancienne et en apparence si fragile, comment pouvait-elle résister à ses assauts ? Elle fouilla dans les tiroirs et trouva un rouleau à pâtisser et essaya de transpercer le verre avec… rien, le verre était comme blindé, invincible. Soudain, un bruit vint perturber Jenny, elle observa autour d’elle pour en trouver la provenance.

La cuisine était d’une belle taille, au moins six mètres sur quatre, et malgré son ancienneté, elle était complètement aménagée et faite en bois noble semblable à du merisier. L’évier donnait sur une fenêtre avec vue sur un grand jardin, autrefois bien arboré et qui laissait place, aujourd’hui, à une jungle dense et obscure. Les murs blancs de la cuisine étaient défraîchis, la pièce possédait aussi un îlot central et une grande table de bois assortis avec six chaises, dont celle utilisée par Jenny.

Le regard de cette dernière arrivait de nouveau sur l’îlot central où elle put découvrir que le bruit entendu depuis quelques minutes n’était autre que celui provoqué par un range-couteaux. Et sans qu’elle puisse réagir, ces derniers se jetèrent sur elle. Elle parvint à en éviter certains, mais un des couteaux finit sa course dans sa cuisse. Jenny hurla de douleur, mais ne se laissa pas aller. Elle attrapa deux torchons qui traînaient par là, en mit un dans sa bouche, retira avec courage, et dans un cri étouffé, la lame du couteau. La plaie paraissait tout de même profonde et saignait beaucoup, elle fit un garrot avec le deuxième torchon au niveau de la plaie. La douleur si vive, Jenny laissa échapper quelques larmes. Elle se releva cependant rapidement et décida de quitter au plus vite la cuisine qui s’avéra un peu trop dangereuse.

 

La jeune femme arriva de nouveau dans le hall d’entrée. Ses pas se faisaient plus lents, elle boitait, sa cuisse gauche lui faisait terriblement mal et tandis qu’elle essayait de se rendre dans le salon, elle entendit, à nouveau, un bruit provenant de l’étage cette fois-ci.

— Nick… c’est toi ?

Elle laissa un long silence…

— Réponds-moi Nick !

Elle emprunta donc l’escalier et s’accrocha à la rampe pour faciliter sa montée. Arrivée en haut des marches, de nouveau ce même crépitement qui semblait provenir du grenier. Jenny tira sur la corde de la trappe d’accès afin de faire descendre l’échelle. Elle gravit les marches une à une, avec grande difficulté, sa jambe gauche devenait vraiment très douloureuse, la jeune femme avait du mal à la plier. Après une longue minute d’ascension, Jenny arriva dans le grenier. Il faisait très sombre malgré la présence de quatre petites lucarnes, les reflets de la lune se projetaient à travers l’une d’entre elles, mais leur puissance n’était pas suffisante pour que Jenny puisse distinguer la pièce dans son ensemble. Elle chercha donc la lumière en tâtonnant, car elle ne se rappelait plus exactement où se situait la tirette de l’ampoule. Elle la trouva malgré tout assez rapidement, et miracle, l’ampoule fonctionna, et Jenny se mit aussitôt à crier au vu du spectacle qui se déroulait devant ses yeux.

Son frère Nick se tenait là, debout, bien vivant et à côté de lui se trouvait une chaise. Jenny remarqua également la présence d’une corde accrochée à une grosse poutre de charpente, au bout de cette corde… un nœud… Il ne fallut pas longtemps à Jenny pour comprendre le danger.

— Nick ? Que fais-tu ? ….questionna Jenny.

Aucune réaction de la part du jeune homme qui resta prostré, le regard dans le vague, il semblait complètement absent. Jenny essaya de s’avancer doucement au moment où un gros bruit sourd retentit suivi de très près par une lumière blanche assez violente. La jeune femme dut se protéger les yeux et l’ombre fit son apparition accompagnée de petits bruits étranges tels des claquements de langue comme le font parfois les enfants, mais dans ce contexte, ces sons étaient plus effrayants qu’autre chose. L’ombre tourna autour de Nick qui semblait comme possédé, le regard perdu. Jenny fixa ses yeux, ils étaient devenus rouges. Elle commença à comprendre : son frère donnait l’impression d’obéir à l’ombre qui le contrôlait et il fallait qu’elle agisse rapidement pour mettre fin à tout cela. La jeune femme s’empara alors d’un manche à balai qui se trouvait par terre tout près d’elle et le lança en direction de l’ombre, mais, cette dernière, loin de s’en inquiéter, laissa le balai la traverser en ricanant.

 

— Tu pensais vraiment que tu allais me faire quelque chose avec ça ? interrogea l’ombre en riant.

Avait-elle bien entendu ?

Jenny, énervée de ne pas avoir atteint son but, ne réalisa pas tout de suite que l’ombre avait enfin communiqué avec elle de façon intelligible. Lorsqu’elle s’en rendit compte, la voix lui parut alors familière, elle scruta l’ombre avec grand intérêt au moment où cette dernière devint de plus en plus reconnaissable, identifiable. (À suivre)

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